26.12.2005

Histoire des Coteaux du Languedoc

6 siècles avant J.-C., les vignes existaient déjà.

Un vignoble ancré dans l’histoire


Le vignoble des Coteaux du Languedoc, vaste amphithéâtre surplombant la Méditerranée et qui s’étend de Narbonne jusqu’aux portes de Nîmes, en Provence, doit son existence aux colons Grecs et Etrusques qui y plantent les premières vignes six siècles avant J.-C. Ils découvrent en Languedoc un terroir et des conditions climatiques de prédilection pour la culture de la vigne.

Les Romains poursuivent cette oeuvre de plantation en Languedoc, région que l’on connaît alors sous le nom de la «Narbonnaise ». Pour écouler ces vins, vantés par de grands auteurs comme Pline, Cicéron et Columelle, ils développent un circuit commercial remarquable dont l’organisation reste encore aujourd’hui un exemple d’efficacité.

Le vin du Languedoc s’exporte vers la Grèce, les Côtes Turques, l’Égypte et bientôt, la Narbonnaise devient l’un des principaux fournisseurs en vin de Rome. De nombreuses amphores fabriquées dans les ateliers de Béziers à l’époque romaine, retrouvées en Italie, attestent de cette époque glorieuse.

Sans doute dans un souci de protectionnisme, l’Édit de l’Empereur Dominitien, en l’an 92, met un frein à la prospérité viticole languedocienne en interdisant toute plantation de vignes dans l’empire et surtout en imposant l’arrachage de la moitié des vignes dans les provinces.

La Narbonnaise voit ainsi disparaître une partie de son vignoble ; disputée par les
Wisigoths, les Francs et les Arabes, elle perd peu à peu de son unité. Par bonheur, l’Église s’intéresse à la vigne, source de richesse et de pouvoir, et parvient à la sauvegarder. Dès le VIII ème siècle, un réseau d’abbayes et de monastères avec leur vignoble se bâtit sous l’impulsion de St Benoît d’Aniane, fils du Comte de Maguelonne : St-Guilhem- le-Désert avec St-Saturnin et Cabrières, St-Chinian, Valmagne… Véritables pôles de développement ces magnifiques bâtisses sont des centres culturels où la science de la vigne fait partie intégrante du patrimoine enseigné (et où le vin représente une monnaie d’échange essentielle).

L’Islam, du VIII ème jusqu’au XV ème siècle, met en péril la viticulture méditerranéenne, alors qu’à la même époque, l’engouement des Britanniques et des Hollandais pour le vin fait basculer le commerce du vin sur l’Aquitaine. Le vignoble du Vieux Langlade est alors le seul en Languedoc a continué de prospérer.

Jacques Coeur, à partir de 1432, relance l’ouverture commerciale et la prospérité de la région toute entière sur le monde méditerranéen. Les vins, les muscats, les eaux de vie, les draps, les étoffes prendront la direction d’Alexandrie pour être échangés contre les épices, aromates et or.

En 1680, le Canal du Midi, oeuvre de Paul Riquet, est inauguré et devient un maillon essentiel entre les vignobles méditerranéens et l’Atlantique.

En 1729, les États du Languedoc font soumettre à la signature royale un arrêt du
27 septembre organisant la production et le commerce des vins et eaux de vie du
Languedoc, fixant les modes de fabrication et les contenances des futailles, le contrôle de la production, la marque à feu à apposer sur le fond de la barrique. C’est l’un des premiers exemples d’organisation régionale de la production vinicole en France.

Arnaud de Villeneuve, professeur de médecine à l’École de Montpellier avait mis au point l’alambic à partir des écrits arabes. Les Hollandais deviennent acheteurs principaux de ces vins et eaux de vies. Jefferson importe aux États Unis des vins de Saint-Georges d’Orques.

La forte notoriété et l’image du vignoble languedocien se perpétuent jusqu’au milieu du XIXème siècle avec la révolution industrielle et le chemin de fer. Les plantations se multiplient en plaine pour une production quasi-industrielle d’un vin bon marché et énergétique fournissant les villes industrielles du nord de la France.

À la fin du XIX ème siècle, le phylloxéra n’épargne pas le Languedoc. La lente reconstruction du vignoble est bientôt suivie à l’initiative de Paul Coste Floret d’une nouvelle politique de qualité. Désormais, certains vins du Languedoc figurent parmis les meilleurs en France.

Pour en savoir plus, cf. le site des Coteaux du Languedoc

La géographie des Coteaux du Languedoc

3 départements : l’Aude, l’Hérault, le Gard.



15 600 ha en production.

Territoire : 168 communes
Elles s’étalent le long du littoral méditerranéen, de Narbonne à l’Ouest jusqu’à Nimes à l’Est et s’appuient aux contreforts de la Montagne Noire et des Cévennes.

Superficies : 15 600 ha
Surfaces déclarées en AOC y compris celles en production AOC Faugères et AOC Saint- Chinian.


Diversité géographique des Coteaux du Languedoc

L'appellation Coteaux du Languedoc s'étend sur 3 départements : l'Aude, l'Hérault et le Gard couvrant 50 000 hectares (en comptant les Vins de Pays) dont 22 000 sont plantés et 11 500 ha en production.

L'aire géographique, c'est 168 communes s'étalant le long du littoral éditerranéen, de Narbonne à l'Ouest aux confins de la Camargue à l'Est vers Nîmes (Langlade) et s'appuyant aux contreforts de la Montagne noire et des Cévennes. L'originalité de cette aire d'appellation est liée à la diversité des terroirs et donc des paysages. Des abruptes falaises blanches de la Clape, l'ancienne Isle du Lac qui domine la Méditerranée au Sud de Narbonne, jusqu'au pied du pittoresque Pic Saint Loup, les paysages des Coteaux du Languedoc offrent une pluralité qui en fait la richesse : autour de l'étang de Thau, les douces pentes de Picpoul de Pinet, puis plus près de Montpellier les galets de Saint Georges d'Orques et de la Méjanelle, le terroir rocailleux de la Clairette du Languedoc..... L'originalité du climat est due aux réalités climatiques induites par le macro relief avec le rivage méditerranéen au sud, et le massif central au Nord. C'est un climat méditerranéen où la saison chaude est également la saison sèche, qui permet des conditions favorables à la maturité du raisin.


Le relief est divisé en deux axes : ouest-est, sud-nord

A l'ouest, le resserrement entre la Montagne Noire et les Pyrénées joue le rôle de tuyère qui dévie les masses d'air arrivant de l'océan. Le vent résultant est appelé « le cers » qui, en perdant son humidité devient tramontane. Inversement, les flux sud et Sud Est marins perdent une partie de leur humidité et deviennent Autan.

A l'est, suite au resserrement entre Cévennes, montagne d'Ardèche et Alpes, le flux du nord prend de la vitesse, se dessèche et devient mistral. Les flux venant du Sud et Sud Est amènent des masses d'air humides qui buttent sur les Cévennes et perdent une partie de leur humidité.

Entre les deux, une région partiellement abritée des influences nord par montagne noire et Cévennes. C'est la région la plus chaude, mais elle est également soumise aux fortes précipitations, elle s'étale du couloir de l'Aude à celui du Vidourle.

L'axe sud-nord partant du littoral et s'appuyant sur les contreforts du massif central peut se découper en trois parties :

une plaine côtière,
une zone de garrigue,
une zone de piémont.

Du point de vue climatique, 3 régions s'identifient à partir de l'orientation et de la force des flux majeurs :

les pays de cers ou tramontane (montagne noire et Pyrénées)
les régions abritées des flux du Nord et Nord ouest (l'Aude et le Vidourle)
les régions du Mistral (piémonts, région nîmoise et Cévennes)




Langlade se situe sur...
“Le vignoble le plus oriental de l’Appellation Coteaux du Languedoc.”


Il se trouve sur les Terres de Sommières :

Aire de production : constituée de 18 communes dans le Gard : Aspères, Brouzet-les- Quissac, Calvisson, Carnas, Crespian, Fontanès, Gailhan, Junas, Langlade, Lecques, Montmirat, Nîmes, Salinelles, Saint-Clément, Sardan, Sommières, Souvignargues, Vic le Fesc.

Production : 7 858 hl

Type de sol : cailloutis sur calcaires durs, calcaires tendres, sols marneux sur roche mère calcaire, éboulis et colluvions.

Climat : influence du climat continental de type rhodanien

C'est un terroir traversé par le Vidourle.
Dès le Moyen-Age, Sommières était un carrefour entre plaine et montagne où s’effectuaient d’importantes transactions au cours des marchés réputés dans la région.
Les principales activités liées au Vidourle et qui firent la fortune de Sommières jusqu’au XIX siècles, étaient la fabrication de draps principalement et de cuirs.
La vigne existante dès le Moyen Âge s’étendit beaucoup plus au XVIIIème siècle sur les coteaux et les soubergues des contreforts des Cévennes.

Le vin de Langlade fut servi sur les tables des papes d’Avignon, princes et seigneurs du Languedoc et de la Provence, et des rois de France et d’Aragon !

A voir dans le village

A voir dans le village :



* Un temple protestant (la Vaunage étant historiquement un pays de forte résistance protestante):

Pendant le Moyen-Age, le temple actuel faisait partie du diocèse de Nîmes. D’après une ancienne charte de 430, sous le règne de Louis IV, il fut offert au chapitre de la cathédrale de Nîmes et le quart de ses revenus allait aux évêques, les trois quarts au prieuré de Saint-Baudille.

À la fin du XVIIe siècle, Monseigneur Seguier vint visiter la paroisse.
Il trouva l’église ruinée et cinq catholiques dans le village.

Au moment de la révocation de l’Edit de Nantes, on enregistra de nombreuses conversions.
Suite à un rapport du Ministre des Cultes, en date du 27 Ventose An XI, le premier Consul prit un décret le 8 Germinal An XI qui donnait définitivement l’église aux Protestants (cet édifice était à l’époque une des rares églises fortifiées).

Le temple ne manque pas d’allure.
On y accède par une petite rue bordée de vieilles maisons et l’on se trouve devant une abside formée de murs épais en moellon et séparés par des pilastres. L’édifice est surmonté d’un joli clocher.
La sobriété intérieure de ce lieu de culte huguenot souligne la majesté imposante d’une voûte en plein cintre.




* Un lavoir de la fin du 19ème siècle :

Les bassins du Lavoir de la Fontaine furent construits en 1822.
Le 27 juillet 1817, le Conseil municipal décide une souscription volontaire.
Le besoin de bassins est tellement important que la souscription rencontre un vif succès : 100 engagements ! Un premier plan est proposé par l’ingénieur des Ponts et Chaussées Léon Durand en 1819 : plan qui sera modifié en 1822.

Le 21 septembre, quelques conseillers municipaux écrivent au Maire pour demander l’élargissement à cinq pans des lavoirs, pour permettre le travail de deux femmes en vis-à-vis.
En 1834 et jusqu’à son décès (1850), l’un d’entre eux, Louis Card, poursuivra la commune pour divers litiges en rapport avec les bassins (construction et nettoyage d’aqueducs pour l’évacuation des écoulements des bassins). Les lavoirs devaient, en 1891, bénéficier d’un aménagement appréciable.

Antoine Dombre (futur Maire et fondateur du Château Langlade), respectant les dernières volontés de son frère Henri-David fait construire « un hangar pour abriter les lavoirs publics. Les laveuses seront désormais à couvert de la pluie et du soleil ».


En remerciement, la municipalité fait placer une plaque commémorative que l’on peut toujours lire. Au XIXe siècle, la recherche d’eau devient inévitable ainsi que le renforcement du débit des sources déjà en fonction. Des essais sont effectués pour améliorer le débit de la fontaine qui alimente le lavoir.

En 1902, le maire soumet à son conseil municipal un devis pour ouvrir une galerie « à travers le massif qui domine le village » afin de rechercher de l’eau.
Le projet peu coûteux est garanti par le savoir-faire de son auteur, l’architecte J. Séraphin, qui affirme que seul un drainage permet de capter le volume d’eau propre nécessaire pour augmenter le débit de la fontaine.

En 1905, la municipalité achète 390 m² de terres au Cabanis dans laquelle est établie une galerie de captation. Une galerie de quelques dizaines de mètres est creusée, elle est d’ailleurs encore visible de nos jours. Mais, le doute est permis sur son efficacité quant au volume d’eau drainée.
La galerie ne semble pas avoir été menée à terme.
Le XXe siècle verra le mode d’approvisionnement changer.
Il devient concerté, aménagé et géré par un syndicat regroupant plusieurs communes.
Langlade donne son accord en 1932 pour une participation financière de 276 426 francs.
L’extraction de l’eau se fera sur la commune de Bernis.
C’est le 1er août 1938 que l’eau coule pour la première fois.
Cette adduction d’eau qui alimente alors 13 fontaines et 17 bouches d’incendie, permet alors à Langlade de faire face au développement résidentiel.

Une fête des eaux se déroule les 26 et 27 août 1938.
Les travaux sur l’ensemble de la Vaunage prirent un an.




* Les Capitelles :

Les capitelles : nombreuse en Vaunage et notamment à Langlade, elles sont souvent enfouies dans la garrigue qui a envahi les terres après la destruction de la vigne par le phylloxéra.




* Un très beau moulin à vent restauré, le "Moulin de Cavalier" :

Ce moulin est situé sur une hauteur dominant Langlade.
On y accède par le Chemin du Moulin-à-vent.

Le moulin de Langlade est mentionné pour la première fois en 1211, lors d'une reconnaissance passée par Guillaume Alban, pour deux terres sises au lieu dit " Ad Molinar " (au Moulin).
Le Cartulaire du Chapitre de Nismes, fait de même état de possessions ecclésiastiques sur le territoire de Langlade.

En 1597, deuxième mention lors de l'établissement du comtois à clausades, concernant la redevance foncière. En 1634, la Carte de Tassin situe le moulin sur une hauteur.
En 1693, le moulin est encore un bien noble, il est donc exempt de taille.

Aujourd’hui, il est connu comme « Moulin de Cavalier » en souvenir de la halte faite par Jean Cavalier, chef Camisard (Camisards : résistants protestants), le 15 avril 1704, jour de la défaite à Nages.
Sa troupe composée de 800 fantassins et de 200 cavaliers quitta Caveirac où ils avaient logé la nuit pour rejoindre Langlade.
À la fin de l'après-midi, cerné de toutes parts, Cavalier gagne les hauteurs de Langlade. Embusqué près du moulin, le Bataillon de Hainaut (dragons du Roi) l'attendait.
Ce fut le moment le plus sanglant du moulin…

En 1781, le moulin est situé sur la carte de Cassini. En 1809, le moulin est mentionné dans le recensement des moulins en activité.
En 1835, il est mentionné sur le cadastre Napoléonien. À l’époque, de grandes surfaces étaient réservées aux céréales et l’activité du meunier était important en Vaunage. Jusqu’à l’apparition de meuneries dites industrielles en 1809 à Nîmes et à la disparition des céréales au profit de l’extension des vignobles, au début du XIXe siècle. En 1868, le moulin est mentionné sur le dictionnaire topographique du Gard de E.Germer-Durand.
En 1906, trente hectares de pins d'Alep sont plantés au Castellas et au Moulin à Vent. En 1992, il devient propriété de la commune.

Le moulin à vent "Cavalier" a été restauré le 19 juin 2004. Récemment restauré dans son authenticité, il est actuellement en parfait état de marche avec une toiture tournante qui permet au meunier de suivre la direction du vent.
Outre sa tour en forme de fût cylindrique régulier, l’on peut noter la noblesse de sa couronne en pierre de taille qui supporte un toit orientable mais aussi ses meurtrières mystérieuses, dont l'usage a pu être la ventilation des meules et du mécanisme, évitant ainsi l'échauffement.
Son équipement est classique, une paire de meules entraînées par les ailes à toiles.




* Le Vignoble :

La vigne est une culture traditionnelle en Vaunage et son développement remonte aux Romains.
Le Roi René (dernier des Princes d'Anjou, régnant sur la Provence, la Loire, la Lorraine, l'Italie, l'Europe Centrale), installé à Tarascon, et d'autres Seigneurs étrangers venaient déjà s'y approvisionner.

Puis, par un édit du 10 novembre 1696, Louis XIV accorda à Langlade des armoiries « d’Argent à trois échalas de Sinobre », confirmant la notoriété dont jouissaient les vins de Langlade auprès de la Cour Royale.

L’implantation du vignoble langladois atteignaient 140 hectares en 1652.
À l’aube du XIXe siècle, le vignoble occupant 70 % de la culture, devient culture dominante : 600 hectares de vignes à petit rendement.

Entre 1873 et 1876, le phylloxéra, petit insecte venu d’Amérique, attaque les racines de la vigne et entraîne la destruction complète du vignoble.

Alors, en 1882, la replantation commence notamment avec Henri et Antoine (Tony) Dombre pour atteindre 200 hectares en 1904, essentiellement en plaine et coteaux.

En 1905 les VDQS « Coteaux du Languedoc » deviennent Vins d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) avec, pour seule commune du Gard, Langlade.

Le vignoble d’antan se reconstruit peu à peu et aujourd'hui, le vignoble du Château Langlade s'étend largement sur ce terroir historique du "Vieux Langlade" en garrigue, avec ses sols pierreux brûlés de soleil, ses senteurs de chênes verts et de genévriers.
C'est ainsi que la production issue du Vieux Langlade est encore louée par des chants provençaux.




* Un centre du village vaunageol, particulièrement typique.

Bien que la population du village augmente chaque année, les nouvelles constructions plus spacieuses et/ou plus modernes n'ont pas dégradé un magnifique centre historique du village, avec ses magnifiques demeures des siècles précédents ou maisons individuelles en pierres apparentes.




* La gare :

La gare de Langlade est située sur ce qui fut la ligne « Nîmes-Le Vigan-Tournemire-Roquefort ».
Cette dernière section de ligne était destinée à assurer le transport des militaires vers le Larzac.
Pour comprendre le rôle de la gare de Langlade, il faut appréhender la création des différentes lignes liées entre elles.

Dès le 11 mars 1872, une ligne est ouverte entre Lunel et Sommières, par Junas et Ganges.
Le 20 juillet 1874, elle est prolongée jusqu’au Vigan (longueur totale de 82 km) et le 11 juillet 1881 verra la création d’une relation « Ales-Mas des Gardiesquissac », avec embranchement à Lezan vers Anduze. Mais l’itinéraire le plus important est créé le 30 septembre 1882, avec la liaison « Saint-Césaire-Sommières-Les Mazes le Crès (non loin de Montpellier) ».

Alors que la relation « Ales-Quissac » pouvait permettre de détourner les trains en cas d’obstruction de la ligne « Alès-Nîmes » (ce fut le cas à l’occasion du tragique déraillement de Nozières en 1957 ou des inondations ayant emporté le pont de Ners en 1958), la ligne « Saint-Césaire–Sommières-Les Mazes Le Crès » était prévue pour permettre des détournements en cas d’obstruction, entre Nîmes et Montpellier, de la ligne « Tarascon-Sète ».

Ces relations présentaient donc un intérêt stratégique particulièrement important, notamment sur le plan militaire en cas de conflit et de destruction d’ouvrages d’art sur les axes principaux.
On a commencé à voir circuler sur ces lignes, des automotrices à vapeur, ancêtres des autorails, des machines à vapeur remorquant des voitures équipées de banquettes en bois, puis des autorails FNC et enfin des autorails Picasso.

La ligne « Lunel –Gallargues–Sommières » sera fermée le 1er juin 1931 pour les voyageurs et, 10 ans plus tard, pour les marchandises. Pour « Nîmes-le Vigan », les fermetures seront progressives : « Sommières-Le Vigan » le 9 mars 1969, et « Nîmes-Sommières », le 18 janvier 1970.
La SNCF assure ensuite un service routier de substitution, mais ponctuellement des affrètements de trains de voyageurs, nous rappellerons que cette ligne et ses gares constituaient une partie de l’histoire de notre pays. C’est ainsi que des circulations après fermetures ont eu lieu.

Comme anecdote la plus croustillante, on notera la circulation entre Langlade et Ganges, d’un autorail panoramique pour des élections cantonales, le 24 février 1985.
Cet autorail tractant deux remorques a été affrété par M. Cambacérés alors Maire de Sommières.
Cette initiative a connu un vif succès de curiosité auquel on peut ajouter celui de l’élection de son promoteur.

Mais encore, le 23 avril 1983, on signalera la circulation d’un autorail panoramique d’études ferroviaires et le 24 mars 1987, celle d’un train spécial avec voitures grandes lignes, pour l’Amicale laïque de Sommières.
En ce qui concerne le trafic marchandises « Ganges-Le Vigan » a fermé le 1er avril 1987.

Le 3 octobre 1988, les inondations emportent la voie entre Caveirac et Saint-Césaire. Elle ne sera pas reconstruite. En 1991, la ligne « Nîmes-Ganges » est définitivement fermée. Autre anecdote, en 1994, 10 jours avant la dépose des rails, FR3 tourne son émission « Faut pas rêver » en utilisant une camionnette 504 Peugeot sur les rails entre Quissac et l’entrée du Vigan ainsi que vers Alzon et l’Hospitalet du Larzac.

Cette ligne a connu un trafic marchandises important pour l’époque et la gare de Langlade a expédié de nombreux wagons de barriques de vins ou des raisins de table (chasselas).

La gare de Langlade a de même joué un rôle important dans l’approvisionnement en marchandises de la Vaunage, sous l’occupation allemande.

Le bâtiment fait partie intégrante du patrimoine que nous avons le devoir de préserver.
Ses infrastructures permettaient aux trains de se croiser et les aiguillages étaient bien évidemment à commandes manuelles.

Nombreux sont les collégiens et lycéens à avoir emprunté l’autorail pour se rendre dans leurs établissements scolaires. Aujourd’hui, le Conseil général du Gard a racheté la voie ferrée pour en faire une « voie verte » à l’usage des promeneurs et autres cyclistes.
La commune a acquis une partie de l’emprise SNCF pour y aménager des activités touristiques et culturelles.




* La Cave du Château Langlade des Frères Cadène :

Cette cave de type industriel et à l'architecture unique fut construite par Tony Dombre, Maire de Langlade et arrière grand-père des propriétaires actuels, devenus "Cadène".

La Cave ancestrale comprend 3 unités :
- un chais de vinification ;
- un chais d'élevage en barriques ;
- un chais d'élevage en foudres de chêne de Russie (entre 90 et 120 hectolitres), ou en cuves.

Une magnifique voûte en parefeuilles provençaux (reposant sur une structure métallique de Baltard, sur les modèles de Eiffel) double la toiture classique en tuiles et créee un matelas d'air immobile, assurant une isolation thermique et hygrométrique constante toute l'année.
L'accès à l'étage supérieur (sommet des foudres et des cuves) est permis par un chemin de ronde extérieur, incliné et contournant la cave.
Les bennes à vendanges sont vidées directement par gravité, en raisins entiers, dans les cuves de fermentation.
Les vinifications sont conduites, par cépages séparés, avec maîtrise de la température.
Sous le chemin de ronde, des caves obscures semi-enterrées permettent une conservation idéale des différents millésimes mis en bouteilles au Château.

Dès 1901, l'installation remarquable du cellier était consacrée par un Diplôme d'Honneur obtenu au Concours de la Société d'Agriculture du Gard.

En 1928, une médaille d'Or a également était obtenue à l'occasion de l'exposition vinicole de la Vallée et des Côtes du Rhône.