27.12.2005
Un Vin chanté et loué en Provence
Le vin de Langlade, un vin chanté en Provence



Le Vin de Langlade est depuis longtemps apprécié et loué par de nombreux Nîmois, Gardois, et plus largement, Provençaux et Occitans...
En témoigne cet hymne provençal nîmois :
"A la Font de Nîmes"
en patois provençal rhodanien...
A la Font de Nimes
I'a un amenlié
Que fai de flour blanco
Aù mès de janvié
D'aqueli flour blanco
N'en fan d'amenloun
Per rempli li poche
Di jouine garçoun
Marioun, te vole
Marioun t'aùrai
A la Font de Nimes
Ieù t'embrasserai
O Nimoues, mi fraire
Zou! a plen toupin
De nostre terraire
Beguen lou bon vin
Per canta l'aimado
Sian pas en retard:
Vivo lou Langlado
De nostre bèu Gard
Refrain
Que cante, que recante,
Cante pas per ieù
Cante per ma mio
Qu'es proche de ieù
en français...
A la fontaine de Nîmes
Il y a un amandier
Qui fait des fleurs blanches
Au mois de Janvier.
Ces fleurs blanches
Font de petites amandes
Pour remplir les poches
Des jeunes garçons.
Marion je te veux,
Marion je t'aurai
A le Fontaine de Nîmes
Moi, je t'embrasserai.
Nîmois mes frères
Allons! à pleins pots
De notre terroir
Buvons le bon vin.
Pour chanter l'aimée
Nous ne sommes pas en retard
Vive le Langlade
De notre beau Gard
Refrain
Que je chante et rechante
Je ne chante pas pour moi
Je chante pour ma mie
Qui est proche de moi
Nota bene ...
Le Jardin de la Fontaine: Ce monumental jardin est l'oeuvre inattendue d'un ingénieur militaire du XVIIIème siècle (JP Marescal) sous l'influence de Le Nôtre (Les Jardins du Château de Versailles). Situé au pied et sur les premières pentes de la colline (mont Cavalier) que surmonte la tour Magne, il respecte le plan antique de la fontaine de Nemausus, avant d'alimenter des bassins et un canal. La fontaine est une résurgence d'eaux de pluie qui s'infiltrent dans les garrigues calcaires au Nord-Ouest de la ville. Dans l'Antiquité, ce quartier sacré comprenait, outre la fontaine, un théatre, un temple et des thermes.
18:25 Publié dans Le Vin de Langlade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Vignes et vins
Le Terroir
La notion de "terroir" est complexe et prend en compte certains éléments qui feront que tel cépage donnera au vin une nuance aromatique plus ou moins agréable.
Nous pouvons en retenir essentiellement quatre :
- l'origine et la composition du sol : à Langlade, des terrasses argilo-calcaires, des plaines calcaires
- le climat : ici, un climat méditerranéen, donc à faibles précipitations et à ensoleillement important,
- les vents dominants : ici, Mistral et Tramontane qui assainissent la récolte en séchant les grappes tandis que le vent marin chargé d'embruns apporte l'humidité qui en plein été fait cruellement défaut aux sols arrides,
- l'altitude et la localisation : ici, en Garrigue, ce qui procure notamment les parfums de thym, genêt, romarin aux vins.

18:20 Publié dans Le Terroir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Vignes et vins
Histoire au cours des siècles
Sources documentaires :
LANGLADE au fil des temps de Monsieur Robert BADOUIN.
LA VAUNAGE de Monsieur Maurice ALIGER
I. Langlade au cours des siècles :
Début du 1er millénaire.
On rencontre un habitat dispersé le long du Rhôny.
Epoque médiévale.

L'existence de la voie romaine, sur le plateau sud de la dépression de la Vaunage, attire les habitants vers le bas de la colline, ils profitent ainsi de la plaine pour de petites cultures céréalières, de la garrigue pour l'élevage des ovins et ont un accès vers Nîmes.
La vie s'organise autour de l'église Saint Julien, présence attestée en 1149, et de ses dépendances: presbytère, hôpital et cimetière.
Le village se présente alors comme un rectangle étroit (d'où le nom de Langlade), entourée de rues, rue Haute et rue Basse actuelles.
La dernière maison à l'est se trouve à hauteur de la place du Visago actuelle et la dernière à l'ouest borde la rue des Chasselas actuelle.
Les rues sont renforcées de murs en pierre pour assurer la protection des habitants
Epoque des guerres de religions.

Le village ne change pas d'aspect.
L'église St Julien est en partie détruite, ses archives sont brûlées.
Le cimetière catholique est installé à l'emplacement de la mairie actuelle.
Une autre église aurait-elle été édifiée au lieu-dit St Estève en bordure du Rhôny, en limite de Langlade et Clarensac, à l'emplacement d'une tuilerie qui aurait été construite sur ses ruines après la révolution de 1789 ? Cette interrogation existe dans des études récentes.
Au XVII ème siècle un relais de poste est aménagé au lieu-dit "Les Baraques", sur la voie Romaine.
XIX ème siècle

La loi organique de 1802 crée l'Eglise Réformée Nationale, organisée en consistoires regroupant plusieurs villages.
Certaines églises de la Vaunage (alors très majoritairement protestante) dont celle de Langlade, sont affectées au culte protestant.
Le village déborde du berceau initial.
En 1935 apparaissent au cadastre trois maisons au Boulidou, une à Vigne Croze, une au Saillis, et sept maisons au Coin du Loup.
Le cimetière est installé à son emplacement actuel, pour les deux communautés catholiques et protestantes.
Vers 1850 est construit un bâtiment qui sert de mairie à l'étage, avec un logement pour l'instituteur, et d'école au rez-de-chaussée.
En 1859 l'axe routier Caveirac-Calvisson devient l'axe principal pour rejoindre Nîmes et Sommières.
La voie Romaine qui était devenue la route départementale N° 10 en 1813 est définitivement abandonnée et du même coup le relais de poste des Baraques.
A la même époque est réalisé l'axe routier St Gilles-Clarensac.
En juillet 1882 la ligne de chemin de fer PLM Nîmes le Vigan est ouverte et passe à Langlade grâce au soutien de Tony DOMBRE.
Un bureau de poste est ouvert à Langlade le 15 juillet 1894 et installé à son emplacement actuel en 1905.
XXème siècle
C'est surtout après la dernière guerre mondiale que le village prend son aspect actuel.
A partir de 1896 les chênes verts qui constituaient l'essentiel du "paysage forestier" sur les hauts de Langlade commencent à être remplacés par des pins d'Alep.
En 1906 le conseil municipal lance un programme de reboisement à cet effet.
En 1925 est construite la place du Visago, à l'emplacement des ruines de la dernière maison à l'est du contour initial.
En 1921 une centaine de mètres plus à l'est avait été construit le monument aux morts.
En 1970 une nouvelle école est bâtie à son emplacement actuel.
La SNCF ferme le trafic de voyageur en 1970 et définitivement l'exploitation de la ligne de chemin de fer en 1987.
La maison polyvalente est construite en 1988.
En 2001, une nouvelle église Saint julien est construite.
II- La Vaunage terre de luttes et de passions.
Le sud de la France, a été particulièrement marqué par son histoire religieuse.
Les villages de la Vaunage, dont Langlade, sont des lieux où la Religion Réformée a imprégné un style de vie dans lequel la révolte contre toute oppression et la rigueur dans le comportement sont des caractères dominants.
Avant l'apparition de la Réforme :
Les habitants vivent au sein de la paroisse de Saint Julien.
La présence de leur église est attestée sur des documents administratifs datant de 1149.
Celle-ci est entourée d'un presbytère, d'un cimetière et d'un hôpital qui tient lieu d'hospice à l'usage des indigents.
La population partage ses activités, au rythme de la cloche de l'église, entre l'exploitation agricole, petites cultures vivrières et élevage de quelques moutons, les travaux au profit de la paroisse et les offices religieux.
Elle acquitte bon grès mal grès la dîme.
Elle semble avoir été nullement marquée par les croisades menées au 13ème siècle contre les cathares.
De la Réforme à l'Edit de Nantes
C'est vers 1530 que la Religion Réformée s'implante en Vaunage.
Elle connaît rapidement un immense succès.
Le premier pasteur à officier est le pasteur REILLAN.
La nouvelle religion s'étend d'abord sans obstacles.
Elle connaît surtout des difficultés d'ordre matériel, les villages n'ont guère les moyens d'entretenir le quotidien d'un pasteur qui n'a aucune ressource extérieure (à l'inverse des curés financés par l'Eglise). Ainsi un pasteur unique est désigné pour servir la foi dans les villages de Langlade, St Dionisy, Nages et Boissières.
Mais les événements de la St Barthélémy à Paris en 1572 réaffirment les persécutions contre les protestants.
En province, les soldats des armées royales pillent chez l'habitant et répriment violemment les protestants.
Pour éviter les exactions et obtenir une trêve, Langlade est contrainte de payer une imposition.
De l'Edit de Nantes à sa révocation
Le régime concordataire institué par Henri IV (le royaume assure une partie du traitement des pasteurs) ne suffit pas pour rétablir l'ordre.
Dans les années 1620, le duc de ROHAN prend la tête de la rébellion protestante.
Il combat contre les troupes du roi en particulier à Clarensac et Calvisson.
Afin de priver l'adversaire de ses moyens d'approvisionnement, il persuade les populations des villages vaunageols de venir se réfugier à Nîmes avec meubles, bagages, animaux et fourrage.
Mais Rohan, vaincu, signe sa reddition en 1629.
L'église Saint julien est toujours utilisée par les protestants, des travaux de réfection y sont entrepris.
Les pasteurs BRUGUIER, QUESNOT, ARNAUD et GAZANE vont y officier successivement.
Bien loin d'abjurer, les habitants consolident la pratique de la religion réformée.
Révocation de l'Edit de Nantes, la guerre des Camisards, l'Edit de tolérance.
L'Edit de Nantes est révoqué en 1685 par Louis XIV.
Les pasteurs QUESNOT et ARNAUD s'enfuient du royaume.
Selon les déclaration du vicaire BRUNEL, en 1685 "tous les habitants de St Julien de Langlade, ma paroisse, fait abjuration de l'hérésie ....... et fait profession de la religion catholique....... ".
Il faut dire que la menace des dragonnades est plus que déterminante...
Suit la longue période des "assemblées du désert".
Les protestants ne pouvant plus assurer leur culte au grand jour, se réunissent clandestinement en des lieux éloignés du village, "au péril de leur vie".
La Font de Langlade, le Puech Nuit, le Cros de Langlade, reçoivent régulièrement des assemblées de plusieurs centaines, parfois plusieurs milliers, de personnes qui viennent y prier.
C'est à cette époque que se place la révolte des Camisards menée par Jean CAVALIER.
L'épopée camisarde en Vaunage, déclenchée par le meurtre d'un agent royal en Cévennes (l'Abbé du Chayla), se situe entre 1701 et 1705.
CAVALIER se bat contre les troupes royales qui conduisent la répression à partir de Calvisson, Clarensac et Nages.
Langlade est une ville étape pour le chef camisard.
Il s'y fait surprendre à la tête de 800 hommes à pied et cent hommes à cheval, défait il est contraint de se replier, puis la partie définitivement perdue il s'échappe en Suisse avec une centaine d'hommes.
Langlade compta quatre camisards déclarés qui firent partie de la troupe de CAVALIER : Jean SERVIERE, Jacques BOISSIER, Louis BONNAUD et Pierre BECHARD.
A cet épisode guerrier succède une longue période d'assemblée du désert durant laquelle alternent périodes de répression et de calme, jusqu'à l'Edit de Tolérance en 1787.
Et maintenant ?
C'est finalement le Premier Consul qui réglera la question de la vie des communautés catholiques et protestantes en France par la loi organique de 1802, créant l'Eglise Réformée Nationale.
Dans ce cadre, la population de Langlade est reconnue dans sa quasi totalité protestante et l'église St Julien est désormais affectée logiquement à l'exercice du culte et devient le Temple.
A la fin du XIX ème siècle, les courants anticléricaux et libre penseurs, l'attirance exercée par la franc-maçonnerie sur nombre de langladois, font que la pratique religieuse devient plus discrète.
De nos jours, le flux migratoire, qui a fait passer la population de 383 habitants en 1968 à près de 1900 en 2005, pourrait laisser penser que les racines religieuses locales tendent à disparaître.
Mais il est évident que l'influence protestante a été importante dans le développement du village.
17:20 Publié dans Histoire de Langlade | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tourisme
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