28.12.2005

Renseignements administratifs historiques

Langlade, canton de Sommières.



- Nom, Date, (Sources)



- Anglata, 1125, (Layette du Trésor des chartes, tome I, page 44.)

- Anglata; 1161, (cartulaire de Franquevaux; Ménard I, preuves page 38, colonne 1.)

- Parochia Sancti-Juliani de Anglala, 1165, (chapitre de Nîmes, archives départementales.)

- Parochia Sancti-Juliani de Anglala, 1207, (Ménard I, preuves page 42, colonne 2.)

- Ecclesia Sancti-Juliani de Anglada, 1214, (Ménard I, preuves page 53, colonne 2.)

- Sanctus-Julianus de Anglada, 1306, (cartulaire de Saint-Sauveur-de-la-Font.)

- Anglada, 1322, (Ménard II, preuves page 34, colonne 1.)

- Anglada, 1384, (dénombrement de sénéchaussée.)

- Ecclesia de Anglada, 1386, (répartition du subside de Charles VI.)

- L'Anglade, 1435, (répartition du subside de Charles VII.)

- Locus de Anglada, 1461, (registre copie de lettres royaux. E, IV, f° 52.)

- Le prieuré de Sainct-Julien de Langlade, 1569, (insinuations ecclésiastique du diocèse. de Nîmes.)

- L'Anglade (Ménard, tome VII, page 604.)



Langlade dépendait de la viguerie et du diocèse de Nîmes, archiprêtré de Nîmes.


- A l'époque de l'Assise de Calvisson (1322), on y comptait 65 feux, dont 4 étaient qualifiés nobles. Le dénombrement de 1384 ne lui en donne plus que 5 ; celui de 1754, 58, et celui de 1744, 40 et 200 habitants.


- Le prieuré de Saint-Julien de Langlade était uni à la mense épiscopale pour un quart et valait 2000 livres.


- Ce lieu était du ressort de la cour royale ordinaire de Nîmes.


- Les seigneurs de Calvisson possédaient à Langlade la haute et la basse justice, la moyenne appartenait à des seigneurs particuliers.


- Le village de Langlade fut compris dans le marquisat de Calvisson, lorsqu'il fut créé on 1644.


- De 1414 à 1790, la terre de Langlade fat possédée par des seigneurs qui en portaient le nom.


- Langlade a pour armoiries :


d'argent, à trois échalas de sinople.

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27.12.2005

Histoire au cours des siècles

Sources documentaires :

LANGLADE au fil des temps de Monsieur Robert BADOUIN.

LA VAUNAGE de Monsieur Maurice ALIGER




I. Langlade au cours des siècles :

Début du 1er millénaire.

On rencontre un habitat dispersé le long du Rhôny.


Epoque médiévale.



L'existence de la voie romaine, sur le plateau sud de la dépression de la Vaunage, attire les habitants vers le bas de la colline, ils profitent ainsi de la plaine pour de petites cultures céréalières, de la garrigue pour l'élevage des ovins et ont un accès vers Nîmes.

La vie s'organise autour de l'église Saint Julien, présence attestée en 1149, et de ses dépendances: presbytère, hôpital et cimetière.

Le village se présente alors comme un rectangle étroit (d'où le nom de Langlade), entourée de rues, rue Haute et rue Basse actuelles.
La dernière maison à l'est se trouve à hauteur de la place du Visago actuelle et la dernière à l'ouest borde la rue des Chasselas actuelle.
Les rues sont renforcées de murs en pierre pour assurer la protection des habitants


Epoque des guerres de religions.



Le village ne change pas d'aspect.
L'église St Julien est en partie détruite, ses archives sont brûlées.
Le cimetière catholique est installé à l'emplacement de la mairie actuelle.
Une autre église aurait-elle été édifiée au lieu-dit St Estève en bordure du Rhôny, en limite de Langlade et Clarensac, à l'emplacement d'une tuilerie qui aurait été construite sur ses ruines après la révolution de 1789 ? Cette interrogation existe dans des études récentes.
Au XVII ème siècle un relais de poste est aménagé au lieu-dit "Les Baraques", sur la voie Romaine.


XIX ème siècle



La loi organique de 1802 crée l'Eglise Réformée Nationale, organisée en consistoires regroupant plusieurs villages.
Certaines églises de la Vaunage (alors très majoritairement protestante) dont celle de Langlade, sont affectées au culte protestant.
Le village déborde du berceau initial.
En 1935 apparaissent au cadastre trois maisons au Boulidou, une à Vigne Croze, une au Saillis, et sept maisons au Coin du Loup.
Le cimetière est installé à son emplacement actuel, pour les deux communautés catholiques et protestantes.
Vers 1850 est construit un bâtiment qui sert de mairie à l'étage, avec un logement pour l'instituteur, et d'école au rez-de-chaussée.
En 1859 l'axe routier Caveirac-Calvisson devient l'axe principal pour rejoindre Nîmes et Sommières.
La voie Romaine qui était devenue la route départementale N° 10 en 1813 est définitivement abandonnée et du même coup le relais de poste des Baraques.
A la même époque est réalisé l'axe routier St Gilles-Clarensac.
En juillet 1882 la ligne de chemin de fer PLM Nîmes le Vigan est ouverte et passe à Langlade grâce au soutien de Tony DOMBRE.
Un bureau de poste est ouvert à Langlade le 15 juillet 1894 et installé à son emplacement actuel en 1905.


XXème siècle



C'est surtout après la dernière guerre mondiale que le village prend son aspect actuel.
A partir de 1896 les chênes verts qui constituaient l'essentiel du "paysage forestier" sur les hauts de Langlade commencent à être remplacés par des pins d'Alep.
En 1906 le conseil municipal lance un programme de reboisement à cet effet.
En 1925 est construite la place du Visago, à l'emplacement des ruines de la dernière maison à l'est du contour initial.
En 1921 une centaine de mètres plus à l'est avait été construit le monument aux morts.
En 1970 une nouvelle école est bâtie à son emplacement actuel.
La SNCF ferme le trafic de voyageur en 1970 et définitivement l'exploitation de la ligne de chemin de fer en 1987.
La maison polyvalente est construite en 1988.
En 2001, une nouvelle église Saint julien est construite.



II- La Vaunage terre de luttes et de passions.

Le sud de la France, a été particulièrement marqué par son histoire religieuse.
Les villages de la Vaunage, dont Langlade, sont des lieux où la Religion Réformée a imprégné un style de vie dans lequel la révolte contre toute oppression et la rigueur dans le comportement sont des caractères dominants.


Avant l'apparition de la Réforme :

Les habitants vivent au sein de la paroisse de Saint Julien.
La présence de leur église est attestée sur des documents administratifs datant de 1149.
Celle-ci est entourée d'un presbytère, d'un cimetière et d'un hôpital qui tient lieu d'hospice à l'usage des indigents.

La population partage ses activités, au rythme de la cloche de l'église, entre l'exploitation agricole, petites cultures vivrières et élevage de quelques moutons, les travaux au profit de la paroisse et les offices religieux.
Elle acquitte bon grès mal grès la dîme.
Elle semble avoir été nullement marquée par les croisades menées au 13ème siècle contre les cathares.


De la Réforme à l'Edit de Nantes

C'est vers 1530 que la Religion Réformée s'implante en Vaunage.
Elle connaît rapidement un immense succès.
Le premier pasteur à officier est le pasteur REILLAN.
La nouvelle religion s'étend d'abord sans obstacles.
Elle connaît surtout des difficultés d'ordre matériel, les villages n'ont guère les moyens d'entretenir le quotidien d'un pasteur qui n'a aucune ressource extérieure (à l'inverse des curés financés par l'Eglise). Ainsi un pasteur unique est désigné pour servir la foi dans les villages de Langlade, St Dionisy, Nages et Boissières.

Mais les événements de la St Barthélémy à Paris en 1572 réaffirment les persécutions contre les protestants.
En province, les soldats des armées royales pillent chez l'habitant et répriment violemment les protestants.
Pour éviter les exactions et obtenir une trêve, Langlade est contrainte de payer une imposition.


De l'Edit de Nantes à sa révocation

Le régime concordataire institué par Henri IV (le royaume assure une partie du traitement des pasteurs) ne suffit pas pour rétablir l'ordre.
Dans les années 1620, le duc de ROHAN prend la tête de la rébellion protestante.
Il combat contre les troupes du roi en particulier à Clarensac et Calvisson.
Afin de priver l'adversaire de ses moyens d'approvisionnement, il persuade les populations des villages vaunageols de venir se réfugier à Nîmes avec meubles, bagages, animaux et fourrage.
Mais Rohan, vaincu, signe sa reddition en 1629.

L'église Saint julien est toujours utilisée par les protestants, des travaux de réfection y sont entrepris.
Les pasteurs BRUGUIER, QUESNOT, ARNAUD et GAZANE vont y officier successivement.
Bien loin d'abjurer, les habitants consolident la pratique de la religion réformée.


Révocation de l'Edit de Nantes, la guerre des Camisards, l'Edit de tolérance.

L'Edit de Nantes est révoqué en 1685 par Louis XIV.
Les pasteurs QUESNOT et ARNAUD s'enfuient du royaume.

Selon les déclaration du vicaire BRUNEL, en 1685 "tous les habitants de St Julien de Langlade, ma paroisse, fait abjuration de l'hérésie ....... et fait profession de la religion catholique....... ".
Il faut dire que la menace des dragonnades est plus que déterminante...
Suit la longue période des "assemblées du désert".
Les protestants ne pouvant plus assurer leur culte au grand jour, se réunissent clandestinement en des lieux éloignés du village, "au péril de leur vie".
La Font de Langlade, le Puech Nuit, le Cros de Langlade, reçoivent régulièrement des assemblées de plusieurs centaines, parfois plusieurs milliers, de personnes qui viennent y prier.

C'est à cette époque que se place la révolte des Camisards menée par Jean CAVALIER.
L'épopée camisarde en Vaunage, déclenchée par le meurtre d'un agent royal en Cévennes (l'Abbé du Chayla), se situe entre 1701 et 1705.
CAVALIER se bat contre les troupes royales qui conduisent la répression à partir de Calvisson, Clarensac et Nages.
Langlade est une ville étape pour le chef camisard.
Il s'y fait surprendre à la tête de 800 hommes à pied et cent hommes à cheval, défait il est contraint de se replier, puis la partie définitivement perdue il s'échappe en Suisse avec une centaine d'hommes.
Langlade compta quatre camisards déclarés qui firent partie de la troupe de CAVALIER : Jean SERVIERE, Jacques BOISSIER, Louis BONNAUD et Pierre BECHARD.
A cet épisode guerrier succède une longue période d'assemblée du désert durant laquelle alternent périodes de répression et de calme, jusqu'à l'Edit de Tolérance en 1787.


Et maintenant ?

C'est finalement le Premier Consul qui réglera la question de la vie des communautés catholiques et protestantes en France par la loi organique de 1802, créant l'Eglise Réformée Nationale.
Dans ce cadre, la population de Langlade est reconnue dans sa quasi totalité protestante et l'église St Julien est désormais affectée logiquement à l'exercice du culte et devient le Temple.
A la fin du XIX ème siècle, les courants anticléricaux et libre penseurs, l'attirance exercée par la franc-maçonnerie sur nombre de langladois, font que la pratique religieuse devient plus discrète.
De nos jours, le flux migratoire, qui a fait passer la population de 383 habitants en 1968 à près de 1900 en 2005, pourrait laisser penser que les racines religieuses locales tendent à disparaître.
Mais il est évident que l'influence protestante a été importante dans le développement du village.

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